L'éolien dans le monde, En Europe et en France


Le secteur éolien connaît une très forte croissance depuis dix ans. En 2015, il a progressé de plus de 17 % passant de 370 000 MW en 2014 à 434 000 MW en 2015. La capacité installée n’était que de 48 000 MW en 2004.

Le secteur éolien est l’un des secteurs énergétiques les plus dynamiques. Avec des investissements mondiaux de l'ordre de 80 milliards de dollars en 2013, il se situe en deuxième position, derrière le secteur solaire photovoltaïque.

Cette forte croissance est notamment due à l’implication des économies émergentes : en effet, plus de la moitié de la croissance du parc mondial en 2015 provient de l’Asie, tirée par la Chine. Celle-ci possède la plus grande capacité installée (145 104 MW), en constante augmentation (+ 30 500 MW en 2015), devant les Etats-Unis (74 500 MW installés). Au niveau mondial, les marchés émergents, comme l’Inde ou le Brésil, sont à l’origine de plus de 50 % des investissements dans le secteur.


La part de l'énergie éolienne dans la production électrique mondiale est estimée à 3,1 % en décembre 2014 (Source Ren21).


Capacité éolienne installé dans le monde en 2015 - Source GWEC


L’Europe se caractérise également par son dynamisme dans le développement de l’énergie éolienne. Elle est la deuxième région du monde en termes de croissance du parc (+ 12 800 MW en 2015), avec une capacité de 142 000 MW.

La France se situe en quatrième position, avec 10 312 MW derrière l'Allemagne (45 000 MW), l'Espagne (23 000 MW) et la Grande-Bretagne (13 600 MW) - chiffres au 31 décembre 2015.
La somme de ces parcs éoliens représente plus des trois-quarts de la capacité installée en Europe.

(*) Sauf France au 31 décembre 2015

La production éolienne a permis de répondre à 7,9 % de la consommation d'électricité dans les pays européens membres de l'ENTSO-E entre le 1er juillet 2014 et le 30 juin 2015. Le Danemark, pays où la production éolienne participe le plus à la consommationavec 39,9 %, est suivi par le Portugal avec un taux de 22,8 %, puis par l'Irlande avec 21,6 % et l'Espagne avec 19 %. L'Allemagne se situe en sixième position avec 12,2 %, tandis que la France, avec 3,8 %, se situe au vingtième rang sur cette période.


Pourquoi la France développe-t-elle l'énergie éolienne ?

Avec de nombreux pays et sous l’impulsion d’une politique européenne de promotion des énergies renouvelables, la France a fait le choix au début des années 2000 de soutenir le développement de l’énergie éolienne pour diversifier son mix électrique et renforcer son indépendance énergétique. Alors que le parc éolien terrestre a franchi, en septembre 2015, le seuil des 10 000 MW, soit plus de la moitié de l’objectif de 19 000 MW que notre pays s’est fixé à l’horizon 2020, force est de constater que l’énergie éolienne a déjà de nombreux effets positifs sur l’environnement, l’économie et sur notre mix énergétique. La France bénéficie du deuxième gisement de vent en Europe composé de trois régimes de vents complémentaires qui permettent d’équilibrer l’approvisionnement du réseau par foisonnement.

Par ailleurs, les vents étant plus importants en hiver qu’en été, cette variation permet de répondre aux pointes de consommation hivernales.

Le foisonnement désigne le bénéfice que l'on tire de la répartition des énergies renouvelables électriques sur l'ensemble du territoire qui permet de lisser la production et d'apporter de façon continue de l'eléctricité au réseau.


Évolution dans les prochaines années

La France s’est fixé l’objectif de disposer d’un parc éolien d’une puissance de 25 000 MW en 2020 : 19 000 MW terrestres et 6 000 MW en mer, qui devraient commencer à être installés dans les toutes prochaines années. La puissance éolienne s'élève aujourd'hui à plus de 10 000 MW avec près de 1 500 parcs raccordés. Il nous faut donc, pour être au rendez-vous de 2020, doubler le nombre de MW d'ici 5 ans.

Le parc d’aujourd’hui et de demain et la montée en puissance des éoliennes

En 2015, le parc éolien était composé de 4 500 éoliennes. L’objectif de 19 000 MW sera atteint avec un peu plus de 2 500 machines supplémentaires. En effet, la puissance des éoliennes augmente régulièrement. Celles que l'on installe aujourd’hui disposent d’une puissance de 2 à 3 MW contre 1 MW en moyenne au début des années 2000.


Les grandes régions de l’énergie éolienne


La carte des régions se modifie pour laisser apparaître de naux grands ensembles. La région Alsace Champagne-Ardenne Lorraine devient la région dotée du plus grand parc installé avec 2 580 MW au 31 décembre 2015. Avec 2 330 MW, la région Nord-Pas-de­Calais Picardie héberge le deuxième parc le plus important. Ces deux régions comptent maintenant 48 % du parc installé.

Le regroupement des régions Languedoc-Roussillon el Midi-Pyrénées donne naissance à la troisième région en termes d'importance du parc installé avec un total de l 038 MW. Les trois régions ayant une capacité installée inférieure ou égale à 50 MW (Corse, Ile-de-France, Provence-Alpes-Côte d'Azur) représentent l % du parc métropolitain.

Les plus fortes progressions du parc installé sur l'année 2015 ont eu lieu en Nord-Pas-de-Calais Picardie el Alsace Champagne­Ardenne Lorraine, avec respectivement 306 el 227 MW installés, ce qui représente 53 % des nouvelles capacités installées. Trois autres régions (Languedoc-Roussillon Midi-Pyrénées, Aquitaine Limousin Poitou-Charentes, Bourgogne Franche-Comté) ont vu leur parc progresser de plus de 70 MW en 2015.

Le nouveau découpage administratif cache des disparités importantes puisque le Limousin, la Franche-Comté, l'Alsace, el l'Aquitaine qui avaient des parcs inférieurs à 50 MW au 1er janvier 2015 se fondent désormais dans des ensembles plus importants.

Si les conditions météorologiques et les caractéristiques géologiques (relief) des régions sont en grande partie à l’origine des différences interrégionales constatées, il est évident que la volonté politique locale, à tous les échelons, joue également un rôle majeur dans le développement éolien. Les premières régions éoliennes de France en sont la manifestation. Les contraintes environnementales (zones protégées ; avifaune ; etc.) et techniques (radars ; zones militaires ; etc.), dont la répartition sur le territoire n’est pas uniforme, ont aussi des conséquences importantes. La région PACA constitue un bon exemple de région touchée par de telles contraintes.