L'éolien dans le monde, En Europe et en France


Le secteur éolien connaît une très forte croissance mondiale depuis plus dix ans, avec une augmentation de près de 13 % du parc installé en 2016, pour dépasser en mars 2017 le chiffre symbolique de 500 000 MW1. La capacité installée chaque année dans le monde a été multipliée par 10 depuis 2001 pour atteindre 54600 MW en 2016.



L’énergie éolienne, comme l’énergie solaire photovoltaïque et les autres énergies renouvelables, constitue l’un des secteurs énergétiques les plus dynamiques avec des investissements mondiaux s’élevant à 112,5 milliards de dollars en 20162.

Cette forte croissance est largement due à l’implication des économies émergentes caractérisées par un fort besoin d’électrification : plus de la moitié de la croissance du parc mondial en 2016 provient de l’Asie, tirée par la Chine. Cette dernière possède le plus grand parc mondial (168 700 MW), en constante augmentation (+ 23 400 MW en 2016), devant les États Unis (82 200 MW).


1. Global Wind Report 2016, GWEC
2. GWEC

L’Europe a été pionnière dans le développement de l’énergie éolienne et se caractérise par son dynamisme. Elle est la deuxième région du monde en termes de croissance annuelle (+ 12 400 MW en 2016), avec une capacité de 153 700 MW. La France se situe en quatrième position, avec près de 12000 MW installés, derrière l’Allemagne (50000 MW), l’Espagne (23 000 MW) et le Royaume Uni (14 500 MW).

En 2016, l’énergie éolienne a représenté plus de 10 % de la consommation d’électricité en Europe.


Pourquoi la France développe-t-elle l'énergie éolienne ?

Dans le sillage de la politique européenne de promotion des énergies renouvelables, de nombreux États membres ont fait le choix de développer l’énergie éolienne.



Dès le début des années 2000, la France s’est engagée dans cette voie. Aujourd’hui, cette politique énergétique lui permet de :

  • Préserver l’environnement avec une énergie propre sans émission de gaz à effet de serre, ni déchet ;
  • Renforcer son indépendance énergétique et diversifier son mix électrique ;
  • Favoriser un coût de l’électricité maîtrisé et compétitif ;
  • Développer une filière industrielle créatrice d’emplois sur son territoire.

La France bénéficie du deuxième gisement de vent en Europe1, composé de trois régimes de vents complémentaires qui permettent d’équilibrer l’approvisionnement du réseau électrique.


Notre pays s’est fixé des objectifs ambitieux de développement des énergies renouvelables dans la Loi de Transition Énergétique pour la Croissance Verte adoptée en 2015.

L’énergie éolienne jouera un rôle essentiel ; elle pourrait représenter jusqu’à 20 % de la production électrique nationale en 2030. Ainsi, le parc éolien terrestre devra atteindre 15000 MW en 2018 et entre 21 800 MW et 26000 MW en 2023.



1. Ministère de la Transition écologique et solidaire

Évolution dans les prochaines années

Le parc éolien français est constitué de près de 6000 éoliennes réparties dans 1 500 parcs et représentant plus de 12000 MW. Compte-tenu des technologies actuelles et du renouvellement des parcs existants avec des éoliennes plus puissantes, l’atteinte de l’objectif fixé à l’horizon 2023, compris entre 21 800 MW et 26000 MW, nécessitera l’installation d’environ 4000 éoliennes supplémentaires.



La puissance des éoliennes augmente régulièrement : ces 15 dernières années, leur puissance unitaire a été multipliée par 4 pour atteindre 3 MW. Cette évolution technologique permet, pour une même puissance, d’installer moins de machines.

L’atteinte des objectifs fixés par la loi nécessite l’installation de 500 à 600 éoliennes par an, soit un rythme annuel de progression de la puissance du parc équivalent à 1 700 MW.

Entre 2000 et 2005 les premiers parcs étaient situés dans les zones les plus ventées, en particulier sur les façades maritimes et dans la Vallée du Rhône. Depuis 2006, l’évolution des technologies, avec l’apparition des éoliennes dont la hauteur et le diamètre du rotor rendent possible l’exploitation des vents plus faibles, offre à l’énergie éolienne l’opportunité de se développer dans de nouveaux territoires, permettant ainsi une répartition encore plus équilibrée du parc.

Les premiers sites de production arrivent progressivement au terme de leur contrat d’achat d’électricité et seront, pour la plupart, renouvelés par des éoliennes plus puissantes et performantes, bénéficiant des technologies les plus récentes.

À moyen terme, le renouvellement concernera l’ensemble du parc installé. Il jouera un rôle de premier plan pour atteindre l’objectif de 40 % de production d’électricité renouvelable que s’est fixé la France.